Cette belle fable aura duré un an tout pile.
Et ce soir, c'est le dernier chapitre qui va s'écrire.
L'histoire se passe dans une école des beaux arts. A Metz, Frankreich.
A sa tête un directeur pistonné, veule, pleutre, ripou et goinfre... Un noble. Dans le milieu culturel on sait ce que "noble" signifie (conf : association d'entraide de la noblesse française).
Au dessus de lui toute une hiérarchie à la botte d'un potentat local : Rausch, dit "Rauschescu", catho intégriste de droite, au pouvoir depuis 35 ans.
Le petit directeur, totalement incompétent, vit de belles années. Il se goinfre, fait gonfler sa paye, multiplie les "missions", les avantages, arrose copieusement une poignée de profs "dévoués" et laisse crever son école, au nez et à la barbe des étudiants qui doivent se contenter de matériel en panne. Vous connaissez la chanson, ça existe partout.
Un petit prof lui tient tête. Il n'est pas le seul. Les étudiants sont en colère et aussi la majorité des enseignants ainsi que le personnel administratif.
Mais les étudiants n'ont pas de poids, les administratifs pas de couilles et les profs... Baah....A part quelques courageux, ils pensent surtout à leur carrière.
Le petit prof monte au créneau pour s'opposer à un recrutement arrangé. Le directeur veut embaucher un copain afin de l'aider financièrement. Le copain est vaguement comptable. Le poste est un poste d'enseignant en culture générale. Inadmissible.
C'est la goutte d'eau...
Le petit prof s'indigne, ainsi que la plupart de ses collègues. Normal non ?
Les thuriféraires du directeur estiment eux, très objectivement, que ce recrutement est nécessaire.
C'est ubuesque.
C'est donc la rupture définitive entre la direction et les enseignants (à part quelques fayots, toujours les mêmes).
Pour la hiérarchie, il n'y a que la voix du directeur qui compte... L'avis des enseignants et des étudiants, on s'en tape.
Le petit prof est dessinateur de BD.
Outré par ces pratiques, il dépeint dans un ouvrage satyrique, des goinfres et des arrivistes profitant du prétexte "culturel" pour assouvir leurs intérêts personnels.
Le directeur "Monsieur de" et une de ses sbires (la plus virulente et la mieux rétribuée), pensent se reconnaître dans le chef d'œuvre en question, sous les traits de petits cochons. Le petit prof nie les faits de caricature, bien que légalement il ne puisse empêcher quiconque de se reconnaître sous les traits d'un cochon.
Le petit prof est viré illico par le maire, alors même qu'il avait réussi son concours national de titularisation et que contrairement aux bons amis du directeur, il devait obtenir cette titularisation à la loyale.
Dans l'administration, il y a toujours 2 voies. La voie normale et le piston... Il faut le savoir.
Se rendant compte trop tard de la bêtise de cette décision, Rauschescu, au lieu de faire machine arrière, tente de se justifier en prétendant que le petit prof est antisémite, qu'il a harcelé ses collègues... Il s'enfonce dans l'ignominie. Il envoie les collègues (les 3 fayots) porter plainte au commissariat, un mois après le licenciement du petit prof.
Et ils y vont !!!!
Parmi ces gens, de nouveaux enseignants que le petit prof ne connaît même pas.
La plainte est classée. Mais les "plaignants" obtiennent tous de leur direction : heures sup, promotions, missions...
Ils n'ont même pas honte. Ils crient même sur les toits qu'il faut voter Rausch pour ne pas que le petit prof revienne.
Le petit prof, devenu chômeur, entre en guerre. Il fout le bordel dans la presse. Il ne lâche pas le morceau. Tape sur Rausch. Antisémitisme et harcèlement, le petit prof ne peut pas l'admettre, l'opposition locale non plus.
L'affaire fait le tour de France. La presse nationale soutient le petit prof.
Un an plus tard le directeur est remercié, son chef s'est fait muter, et le boss, Rausch, perd lamentablement les élections.
Le petit prof est heureux. Il a un peu contribué à tout cela.
Le nouveau conseil municipal est très content de réhabiliter le petit prof.
Le petit prof remercie le nouveau maire (un honnête homme) et son équipe de gauchistes, ses amis, les enseignants, surtout Daniel Ledran (son père spirituel), les étudiants, sa famille, les syndicalistes, les journalites, les artistes, les auteurs de BD, les citoyens, bref, les milliers de gens (c'est vrai!) qui l'ont soutenu.
Du fond du cœur, merci.
J'ai retrouvé mon job, la ville est enfin libérée de 36 ans de dictature de kermesse, de censure d'un autre temps et de politique culturelle merdique.
Ben oui, avec Rausch c'est : la fête de la mirabelle, la tapis floral, la ville fleurie, le marché de Noël et la fête de la bière. Après on s'étonne de se faire traiter de "boches de lest" !
J'organiserai un pot pour fêter ça.
Je vous tiendrai au courant.
Viva la Revolution.
Je vous aime tous !
Yan
Epilogue... Enfin !!!
Voici les seuls les vrais !!!!



Halte à la paranoïa et aux procès en sorcèlerie.
Les seuls dessins de JMR que j'ai jamais réalisés sont ceux-ci. Pour l'instant, il n'y en a jamais eu d'autres.
Si JMR prétend le contraire, c'est qu'il ment.
S'il ne porte pas plainte, c'est parce qu'il n'y a pas matière.
Si je fais des dessins sur lui, c'est parce que c'est mon métier.
Et s'il veut aller au tribunal, il trouvera en face de lui les meilleurs avocats, et l'assurance d'un scandale national.
Lindingre.
Affiche censurée par le directeur des Beaux Arts de Metz

J'avais demandé en début d'année scolaire aux étudiants de 4ème année d'inventer un candidat aux présidentielles.
Un truc à la Alphonse Allais.
L'avant-veille de l'expo, le Directeur de l'école, le sombre Monpezat, faisait arracher les affiches par son homme de main. Il convoquait les étudiants dans son bureau et leur faisait un numéro de cow-boy :
"nous sommes dans une école d'art. La politique est un sujet sensible. Ici, on ne parle pas politique".
Voici l'objet de la censure :
Image Censurée par la CA2M

Image de Weird (quel talent !)
Texte de Laurence :
Ainsi donc, les iconoclastes font leur oeuvre jusque dans les travaux d'étudiants ! Y'a quand même un truc qui m'échappe : n'est-ce pas cette même ville de Metz qui est en train de construire - en collaboration avec l'établissement public du centre Pompidou - un musée d'Art moderne et contemporain ? Qu'aura-t-on le droit d'y exposer ? Des années de cours d'Histoire de l'Art, je me souviens que le XXème siècle à vu les artistes se libérer du joug des pouvoirs civils et religieux pour trouver des modes d'expression personnels. Donc, si je comprends bien, les horreurs de la guerre de Beckmann, la sexualité dyonisiaque de Picasso, les papes de Bacon, ainsi que la majeure partie de la production de ce qu'il est convenu d'appeler l'Art moderne ne pourront être exposés à Metz. Que pourra-t-on sauver du puritanisme municipal ? En cherchant bien je propose Vasarely et Bernard Buffet. Pas de vagues et enterrement assuré. Pour ce qui concerne l'Art actuel, je me permettrais de déconseiller formellement à la ville de Metz, où l'émotivité semble grande de se lancer là dedans. Beaucoup d'artistes sont vivants, ce qui n'est pas le moindre des inconvénients, des électrons libres qui n'écoutent rien, n'en font qu'à leur tête, font l'éloge de la subversion et tendent à pousser leur public à penser par lui-même.
Le fleurissement des parterres, qui est un savoir faire reconnu et largement réputé, me parait une activité bien plus en rapport avec les aspirations morales de la ville de Metz que le commerce avec des artistes délinquants potentiels.
-vu de Lyon
Laurence
Censure
Chaque année je publie une revue d'expression "libre" aux Beaux Arts de Metz.
En général, une trentaine d'étudiants y participent.
Cette année encore, cette revue fut un succès à en juger de la participation des étudiants.
Ayant été licencié juste avant l'impression de la revue, je n'ai pu en superviser le bon à tirer.
Aux dernières nouvelles, la CA2M a demandé à rayer mon nom de l'ours. C'est de bonne guerre.
Elle a aussi exigé le retrait d'un dessin évoquant la religion.
Un type qui s'injecte un crucifix en intraveineuse. Tu parles d'un blasphème !
Eh oui, à Metz, comme dans toute l'Alsace Moselle, le délit de blasphème est encore passible de condamnation !!!
En avril je m'étais fait censurer une expo qui s'intitulait "présidémentiel", sous prétexte que selon le directeur "la politique est un sujet sensible".
Pas de politique, pas de religion... C'est compris ?
Aux Beaux Arts de Metz, on ne fait que du coloriage, vu ?
Yan
Merci à France Q (Travaux Publics)
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/travaux/fichereport.php?diffusion_id=53904&report_id=225010064&p=rep&pg=archives
France Culture à Metz
TRAVAUX PUBLICS
(en direct du café Jeanne d'Arc)
émission du vendredi 8 juin 2007
Un mois à Metz - Du Républicain Lorrain au Monde ...
la Presse sous pression
Voici le site de l'émission ainsi que le blog :
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/travaux/index.php
Eté du livre
Le libraire qui pensait m'inviter à l'Eté du Livre a renoncé.
On le comprend. Je lui avais d'ailleurs dit que ce serait un peu coton.
Mais l'idée me séduisait.
Il a réfléchi et en effet... Comme c'est la mairie qui finance, ben c'est un peu délicat...
Dommage.
On se fera tantôt une petite dédicace chez un bon libraire :
Géronimo, la Cour des Grands ou chez Erik (Fnac).
Yan
Denis Robert

Toujours les cochons…
Hier, je suis descendu en ville pour défendre l’honneur et le métier de mon ami Yan Lindingre. J’habite à la lisière d’une forêt. La ville Metz où j’ai vécu vingt années, est en contrebas . Je déteste ça. Descendre et manifester. Je traîne peu en ville, je suis devenu sauvage et vaguement agoraphobe. Je l’ai fait parce que ce qui arrive à Yan est profondément injuste, bête et n’est pas sans rapport avec ce qui m’arrive. C’est loin d’être une affaire d’Etat. C’est juste un petit gars, prof aux Beaux Arts, que ses élèves aimaient bien, qui dessine des personnages avec des têtes de cochons. Son directeur (un noblion ayant eu son boulot on ne sais comment) et une de ses collègues, ont cru se reconnaître dans une planche d’un album très fendard (Titine au bistrot, éd Fluide glacial). Lui, un petit gros, se goinfre à un cocktail. Elle, un peu boulotte (je parle des personnages), jure et s’énerve en allemand. Au dessus de la tête de la fille, pour signifier son énervement, une croix gammée. Uderzo en dessinait au dessus des têtes de pirates dans Astérix. Hergé faisait pareil avec le capitaine Haddock. Pour qui s’intéresse un minimum à la bédé (qui est une forme d’art enseignée dans ces écoles), c’est d’une telle évidence. Or la fille est d'origine juive. Ce que Yan ignorait. Pour régler des comptes internes à l’école où des profs s’affrontent sur les méthodes d’enseignement, les deux têtes de cochon citées plus haut en ont alerté une troisième : le maire de Metz, mon vieux copain, Jean Marie Rausch (pour ceux que ça intéresse, il est un des héros de mon film histoire clandestine qu’on trouve dans toutes les Fnac et Virgin du pays). Ils ont accusé Yan de révisionnisme. Ce qui est énorme quand on connaît Yan. Le plus inquiétant est que la micropilule est passée et s’est transformée en ogive. Le maire l’a viré. Il sait aujourd’hui qu’il a fait une connerie, mais comme il est devenu très vieux et encore plus buté, il ne veut pas le reconnaître et comme dans cette ville – à part quelques exceptions- tout est mort ou à son service, tout passe. C’est donc pour cette raison que je suis allé me fondre dans une petite foule encerclée de dessinateurs, de militants de la CFDT, de trois conseillers municipaux et d’étudiants des Beaux Arts. Cette histoire, comme celle de Placid qui s’est fait condamner pour avoir dessiné un flic à nez de cochon, celle de ces bloggers poursuivis pour avoir publié des pv d’instruction, celle de ces journaux locaux et indépendants harcelés pour écrire des vérités (Tonic en Alsace, CQFD à Marseille, La Feuille à Villeneuve), celle d’Emmanuel Poncet et de Libé condamnés à 70 000 euros (dixit Joffrin) pour avoir fait un parallèle entre les juges disciplinés d’Outreau et Eichmann, participent de la même atteinte à la liberté d’écrire, d’informer. Et donc de penser.
Même sur des microévéments comme ceux de Metz et de Yan, il est devenu temps, je crois, de se bouger. La pente est devenue boueuse et je sais de quoi je parle.
DR
MANIF


Dessins Adrien Duermael
Mardi 22 mai 2007. J-1.
La manif s'est bien déroulée. C'était chouette. Je remercie du fond du cœur tout ceux qui sont venus me soutenir. Et j'en profite pour remercier encore une fois tout ceux qui m'envoient leurs dessins, leurs messages ainsi que ceux qui relayent l'info.
Les gens qui me connaissent savent que je n'aime pas tendre la main. Mais en l'occurrence, ça fait plaisir d'être épaulé.
Yan
Gerard Chenu
Dans l'extrait de votre BD, je vois une moquerie de "l'art contemporain" (plus précisément de l'artiste ) qui n'a souvent rien à dire parce qu'il ne relie pas sensibilité personnelle et raison ( ici les photos toutes noires, comme des radiographies toutes noircies, sans sujet ni objet ) et ça me fait rire.
Les têtes de cochon, en Lorraine, sont des têtus, et cela m'évoque Henri Grégoire, "tête de fer " de la Révolution Française , tête bien faite, militant de l'abolition de l'esclavage, protecteurs des Juifs, créateur de l'école des Arts et Métiers et d'autres institutions scientifiques . Un lorrain en tête de cochon, c' est donc un honneur, sauf à mépriser les lorrains .
La croix gammée, on la voit dans la micro-pensée de la dame déçue de n'avoir pas été voulue comme nue , parce qu'elle est vide, sans contenu, sans intérêt parce qu'égocentrée. Elle m'évoque aussi un juron, l' "Ach, Teufel!" germanique, le "putain bordel de merde espèce de sale con" français, ou les bulles du capitaine Haddok quand il est en rage.
Cette croix retournée, c'est l' anéantissement de l'art et de l'âme, une croix gommée, un symbole de vie venu d'ailleurs et retourné dans les ténèbres en son reniement . C''est aussi peut-être encore l'enseignement de l'anéantissement de" l'art classique" (classique au sens où l'art aurait un sens d'humanisation en progrès permanent ) , à savoir le projet du "Congrès pour la Liberté de la Culture" , émanation de la CIA après-guerre avec le lancement de la contre-culture reniant l'accession de l'intelligence humaine à la vérité et au sublime au sens de Schiller, Allemand chéri de la Révolution Française . (Arte a fait une soirée là-dessus ) .
Un travail de recensement des croix gammées dans la BD des dernières années nous dirait peut-être si c'est un signe banalisé du fascisme dans la tête des gens, ou si c'est une caricature de la pensée unique promue par les agences culturelles et médiatiques du fascisme universel qui sévit en pensée et en actes dans les cercles du pouvoir outre-atlantique .
Merci à Y L , une sacrée tête de lard, d'avoir remué le porc épique qui sommeille en chacun d'entre nous , et que seuls les ennemis déclamés du "connais toi toi-même" (tel le futur président de notre raie publique ) ont en horreur . En lui souhaitant de retrouver son boulot.
Gerard CHENU
Frida Lorelei
Hé bien... La France s'offusquait du scandale provoqué par les caricatures de Mahomet en hurlant à l'obscurantisme !!! On donne maintenant dans la surenchère ! Nous entrons dans l'âge de la Paranoïa, de la bêtise crasse... Ne dit on pas que: "qui se sent morveux se mouche " ? Cette dame qui croit se reconnaître devrait courir se présenter à un concours de mannequins !!! Elle doit être bien complexée, et peut-être....de petite taille aussi ?
Affligeant ! Continuez à être courageux caricaturistes ! L'humour est une arme redoutable, surtout contre les cons. L'humour est bien une preuve d'intelligence, et certains être humains en sont cruellement dépourvus.
Je ne sais pas dessiner, j'aime rire, j'aime cette distanciation que vous savez si bien nous offrir, alors merci mille fois d'exister. On a tant besoin de vous... Et on va encore en avoir de plus en plus besoin....
Honte sur ceux qui vous blâment !
Eric Deup
???? Donc si je comprends bien, une personne qui a soi-disant cru se reconnaître avec une croix gammée dans la bouche a, pour prouver qu'elle n'était pas la fasciste prétendument décrite, tout fait pour obtenir le licenciement d'un collègue. Si elle avait été accusée de censure, pour prouver le contraire, elle aurait organisé un grand autodafé ?!?
Aussi lourd soit-il, je soutiens Yan Lindingre de toutes mes petites forces.
Eric Deup
Charron
Après la récente condamnation de Placid pour son groin policier, ça commence à devenir pesant, tout ça ! nous soutenons Lindingre sans réserve ! vive la caricature porcine !
Hélène et Jean-Christophe CHARRON
e-mail: jean-christophe.charron@publications.europa.eu
Damoizo
N'oublions pas notre droit
à la liberté d'expression
et de surcroît
que tout il est bon dans l'cochon !





































































